Dans la Haute-Vienne, les militants CFDT sont en première ligne face à la crise. Entre soutien, accompagnement des personnels soignants et accompagnants mais aussi interpellation des décideurs, ils ne comptent pas leurs heures.

« Accompagner les sections, assurer le lien avec les adhérents et l’ensemble des salariés, voilà nos priorités », résume Fabienne Deconchat, la secrétaire générale du Syndicat CFDT santé-sociaux de la Haute-Vienne. Depuis le tout début de la crise sanitaire, les membres de la commission exécutive du syndicat multiplient les échanges à tous les niveaux. « Nous avons contacté l’ensemble des responsables de section. Dès les premiers jours, nos interlocuteurs des différentes sections du privé et du public ont su que nous étions joignables à partir du moment où ils en éprouvaient le besoin. » Une permanence téléphonique et électronique (mails), sept jours sur sept, est organisée.

Le point quotidien organisé par l’équipe CFDT

Manque d’équipement de protection, organisation du travail, garde d’enfants, arrêt de travail… : les inquiétudes ressenties par les professionnels du secteur sanitaire, social et médico-social sont nombreuses. Pour faire face à un véritable afflux de demandes, l’équipe organise un point de situation quotidien. « Nous devions pouvoir être le plus réactifs possible », glisse David Bonnet, le responsable développement du syndicat. Et ce rendez-vous était attendu par tous. « Ces échanges nous permettent évidemment de garder le contact mais sont aussi un moment de complicité. Ils nous permettent de travailler dans la plus grande sérénité. Nous étions également disponibles pour échanger avec les directions des établissements publics et privés sociaux et médico-sociaux du département. » Les réunions hebdomadaires avec la Fédération Santé-Sociaux et l’Union professionnelle régionale de Nouvelle-Aquitaine contribuent également à la bonne dynamique et au partage des informations. Un courrier de soutien est adressé aux équipes CFDT Santé-Sociaux d’Île-de-France et du Grand Est, les deux grandes régions françaises frappées de plein fouet par l’épidémie de coronavirus. La solidarité joue à plein. « Ces actions, ces temps sont importants. Ils contribuent à échanger au sujet des bonnes pratiques, permettent d’obtenir des informations fiables et de renforcer le collectif. Cela nous offre surtout la possibilité d’appréhender certaines problématiques communes liées à cette crise sanitaire. »

Les directions reculent dans les Ehpad

La pression subie par les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se révèle grandissante dans l’ensemble des structures du territoire. Le syndicat interpelle les élus locaux et alerte à plusieurs reprises l’agence régionale de santé (ARS). Elle signale des dysfonctionnements au sein de certains établissements. Car sous couvert de bénévolat, certaines directions imposent un confinement total des personnels et des résidents, au détriment des règles sanitaires et du respect du temps de travail. Cette interpellation paye. L’ARS s’oppose formellement au confinement total. « L’action concertée des syndicats santé-sociaux néoaquitains a fait reculer les directions », se félicite Fabienne. Parallèlement, le syndicat de Haute-Vienne incite ses adhérents à faire remonter les informations et à signaler toutes les difficultés rencontrées. Les équipes sont encouragées à provoquer des réunions d’instances et à participer à l’ensemble des réunions de crise diligentées dans leurs structures. « Nous avons soutenu les sections dans leur démarche en nous faisant le relais auprès des chefs d’établissement », explique David ; une démarche très appréciée par les équipes.

Au centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges, ces allers-retours permanents entre le syndicat et la section garantissent de fait un suivi de la situation au plus près des réalités. « La situation évoluant très rapidement, parfois d’heure en heure, il est important de pouvoir être en contact régulier. Dans une période éprouvante comme celle-ci, on est encore plus content d’appartenir à la CFDT », confie Farida Sanchez, militante de la section du CHU et adhérente depuis vingt ans. Comme ses collègues, elle a repris son service à temps plein lors de la crise. Soignant avant tout. Même son de cloche de la part de Jacques Mars, ambulancier, militant et adhérent CFDT depuis 2003. « C’est primordial de respecter les distances dans la période… mais de garder le lien ! » Il n’a d’ailleurs pas hésité à aller vers ses collègues, pas toujours favorable au syndicalisme orange, pour leur parler des actions de la CFDT dans l’établissement (permanences dédiées, information quotidienne des agents sur la situation, remontée des problématiques…)

Faire connaître nos résultats

L’action du syndicat a permis des avancées en faveur des agents et personnels soignants de Haute-Vienne. Encore faut-il le faire savoir ! « Nous avons énormément communiqué pendant la période, que ce soit au moyen de tracts ou sur les réseaux sociaux… en plus de nos actions de terrain, insiste Fabienne. Et nous continuerons à le faire. » Les chantiers qui attendent les militants sont nombreux. Pour le Syndicat CFDT santé-sociaux 87, une seule ambition : « défendre et faire reconnaître l’investissement des soignants et accompagnants ; celui – sans faille – pendant la crise mais plus largement leur engagement au quotidien auprès des usagers des services de santé ».

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