Dans les trois versants de la fonction publique (territoriale, Etat et hospitalière) les agents publics sont mobilisés pour assurer leur mission et garantir aux usagers le maintien des services publics indispensables.
Les agents veulent être protégés pour pouvoir protéger.
Ils demandent des moyens et du respect de la part des employeurs publics.

éboueurs dans la ville de Mulhouse

« Les agents publics ont à cœur d’assurer la continuité du service public, témoigne Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions PubliquesIls veulent pouvoir le faire dans des conditions de sécurités optimales, à la fois pour eux-mêmes et pour les usagers. » Voilà le message qu’a tenu à faire passer la CFDT à l’occasion d’une rencontre avec Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, le 16 mars dernier. L’impérieuse nécessité d’assurer la continuité du service public est une évidence pour l’ensemble des fonctionnaires et contractuels qui entendent mener à bien leur mission et accompagner les usagers durant cette crise. Auxiliaires de soins, infirmiers des Ehpad et des services d’aides à domicile, éboueurs, des services des eaux, enseignants, surveillants de prison, personnels des préfectures et des collectivités… Ils sont très nombreux à être mobilisés et à garantir le bon fonctionnement des services publics indispensables à l’activité et la vie de la nation.

Faire confiance aux agents

« Il va falloir un peu de temps pour que tout fonctionne correctement. La situation aurait pu et dû être anticipée plus en amont, précise Claire Le Calonnec, secrétaire générale de la fédération Interco CFDT, mais dans tous les cas, cela ne devra pas se faire au détriment des agents et des usagers ». En ce sens, la fédération a demandé aux responsables des ministères et des collectivités d’être associée, nationalement et localement, aux réflexions sur l’organisation des plans de continuité des services publics et sur la prise en compte des questions de santé et sécurité des agents. Il est primordial que la situation actuelle ne soit pas aggravée par l’incapacité des employeurs publics à réagir correctement aux besoins qui vont affluer. « Alors que les agents sont déterminés et prêts à répondre, ce qui nous inquiète surtout c’est le comportement de certaines hiérarchies », précise Mylène Jacquot. Pourtant la consigne du secrétaire d’Etat est limpide. « Seul les agents dont la présence est requise pour nécessité de service devront être présents. Pour les autres le télétravail devient une règle impérative, » a-t-il réaffirmé publiquement. Sur le terrain la réalité est parfois différente. La faute à des employeurs publics peu coutumiers du télétravail et qui ne font pas spontanément confiance aux agents. Dans certaines collectivités territoriales notamment, leur présence est exigée contre toute logique de service, mettant inutilement leur santé en danger et aggravant les risques de propagations du virus. Certains employeurs refusent les autorisations spéciales d’absences, contrairement aux promesses ministérielles. Pour la CFDT Fonctions publiques, « il n’est plus temps de se méfier ni de soupçonner mais bien de mettre toutes les énergies à protéger solidairement, tant la population que les travailleuses et travailleurs ». Si la continuité du service public va de soi, la sécurité de tous est primordiale, nombreux sont les agents à s’exposer et risquer leur santé.

« Les gens ont peur, nous sommes là pour les rassurer »  

Certains professionnels sont même complètement oubliés des mesures annoncées. C’est le cas des aides à domicile. « Chez nous, elles n’ont reçu aucune directive, alors qu’elles sont en contact permanent avec les personnes âgées, dénonce Jean-Christophe Silva, du syndicat Interco Dordogne. Elles n’ont pas de masque, pas de gel hydro-alcoolique et elles manquent de blouses à usages uniques. Elles doivent se débrouiller comme elles le peuvent ». Une situation inadmissible, qui expose à la fois les professionnelles et les bénéficiaires du service. Conscientes des risques, ces personnels sont tiraillés entre la réalisation de leur mission de service public et la protection des usagers. Pourtant en Dordogne, pour elles, une chose est certaine, hors de question de renoncer à leur visite.  « On ne s’arrête pas ! Nous avons notre conscience professionnelle, même si nous avons peur. Pour nous, pour nos familles et pour les personnes que nous visitons. Mais nous devons être là pour nos bénéficiaires, souffle Emilie Florence, aide à domicile au sein du centre intercommunal d’action sociale du Pays de Fénelon (24). En ce moment, ils ont plus que jamais besoin de nous, ils sont effrayés par tout ce qui se passe. Alors on les rassure du mieux qu’on peutIls sont soulagés de savoir qu’on reviendra demain. »

Solidarité entre les services publics

La mobilisation des enseignants, observée dans l’Education nationale, témoigne aussi de cet engagement. Ils sont nombreux à avoir répondu présents, malgré les risques sanitaires, pour accueillir dans les établissements les enfants des personnels soignants. « C’est l’une de nos priorités, en plus de la continuité pédagogique. Les enseignants veulent aider les hospitaliers comme ils le peuvent », glisse Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du SGEN-CFDTIl y a une réelle solidarité entre les agents du service public ». Des propos confirmés par le directeur d’une école maternelle de Seine-et-Marne. « Nous avons énormément de personnels qui sont prêts à assurer l’accueil des enfantsLeur démarche, qui repose sur le bénévolat, a été immédiate et spontanée. Nous avons pu organiser des rotations pour que la prise en charge des enfants puisse se faire au quotidien. »

Partagés entre deux mondes, celui de la continuité du service public et celui de leur santé et cellesde leur proche, les agents publics continueront d’assurer leur mission de service public. Ils réclament simplement de la considération et du respect de la part de l’employeur. Les usagers du service public, eux, peuvent témoigner de leur reconnaissance envers les agents publics, notamment les soignants. Un appel a été lancé, tous les soirs, à 20 heures, depuis son balcon, chacun peut applaudir et saluer le travail remarquable mené par les professionnels de santé dans des conditions d’extrêmes tensions. Un soutien dont l’ensemble des agents des services publics auront besoin. Pendant et après la crise.

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