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Nouveau quinquennat : la CFDT pose ses exigences

“Montrez que vous savez être à l’écoute…” Alors que le résultat de l’élection présidentielle révèle une France profondément fracturée, la CFDT appelle Emmanuel Macron à ouvrir rapidement des espaces de dialogue et à prendre à bras-le-corps les problèmes de la société. Afin d’engager la discussion, elle présente quinze revendications.

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Syndhebdo

58,54 % pour le Président sortant au deuxième tour. Passé le soulagement de ne pas voir le Rassemblement national remporter l’élection présidentielle, ce résultat retentit comme un énième signal d’alarme. Élection après élection, l’extrême droite progresse, surfant sur un mal-être social ambiant et le rejet du « système » par une partie de la population qui ne se reconnaît plus dans les candidats dits modérés ou de gouvernement. Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a donc été élu avec le soutien de nombreux citoyens qui voulaient avant tout éviter l’accession au pouvoir de l’extrême droite.

« Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Je veux ici les remercier et leur dire que ce vote m’oblige pour les années à venir », a d’ailleurs reconnu le Président lors de son discours à la tour Eiffel à l’issue du deuxième tour.

Quinze sujets, quinze urgences

La CFDT – qui s’est mobilisée dès le 10 avril pour faire barrage au Rassemblement national en appelant à voter Emmanuel Macron – le prend à présent au mot. Et pose sur la table ses quinze premières revendications. Quinze sujets sur lesquels la CFDT est prête à engager des discussions sans attendre. L’évolution des grilles de salaires et des minima sociaux, la révision des ordonnances travail, la formation des seniors et des personnes en reconversion, les retraites ou encore l’investissement dans la santé constituent les axes essentiels de ses revendications… car les attentes sont nombreuses. « Nous avons besoin de réponses immédiates ! Montrez que vous savez être à l’écoute », interpelle ainsi la CFDT, qui entend obtenir de l’exécutif un changement de méthode lors du quinquennat à venir.

Tract des quinze revendications CFDT pour le nouveau quinquennat du Président Macron
Tract des quinze revendications CFDT pour le nouveau quinquennat du Président Macron© InfoCom CFDT

Grand rendez-vous social

Laurent Berger l’a d’ailleurs réaffirmé dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 27 avril, dans laquelle il interpelle directement Emmanuel Macron. « Monsieur le président, vous ne pourrez pas relever ces défis tout seul. Convoquez dès aujourd’hui une rencontre avec les partenaires sociaux et les grandes associations. Appelez-la comme vous voulez – conférence, Grenelle, convention… –, mais lancez dès maintenant ce grand rendez-vous social pour changer de méthode et associer le plus grand nombre à la co-construction des décisions. »

Alors que le candidat Macron promettait il y a quelques jours encore une présidence moins verticale, espérons que le Président réélu n’oublie pas cet engagement de campagne. À présent, la CFDT attend des actes. « Notre appel est ferme mais constructif : entendez-le !, conclut Laurent Berger dans sa tribune. Il ne peut y avoir de démocratie sans démocratie sociale. »

Dans une tribune parue dans le journal « Le monde » le 27 avril 2022, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, appelle Emmanuel Macron à convoquer un « grand rendez-vous social » avant ses décisions futures.

La CFDT réclame une hausse « d’au moins 3 points » du point d’indice des fonctionnaires

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s’est prononcé lundi 4 avril 2022 pour une hausse « d’au moins trois points » de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, dans un contexte de forte inflation (+4,5% sur un an en mars).

« Il est grand temps d’augmenter la valeur du point », a dit M. Berger sur Public Sénat, alors que le président de la République Emmanuel Macron a promis une hausse du point d’indice s’il est réélu.

La dernière augmentation date de février 2017 (+0,6%), juste avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Le patron du premier syndicat français s’est aussi dit favorable à l’ouverture de négociations salariales dans le privé, pour accompagner l’augmentation automatique du Smic attendue le 1er mai (entre 2,4 et 2,6%).

Avec cette augmentation, ce sont en effet 147 branches professionnelles sur les 171 de plus de 5.000 salariés dont les grilles salariales commenceront avec des minima inférieurs au Smic.

Une situation « inédite », selon M. Berger, qui « souhaite que le gouvernement quel qu’il soit impose aux branches professionnelles dans les six mois d’avoir des négociations pour que leurs minima de branche ne soit pas inférieures au Smic », et les astreigne sinon à des « sanctions ».

Dans de nombreuses branches professionnelles les grilles salariales commencent en-dessous du Smic. Les employeurs sont obligés de rémunérer leurs salariés au niveau du salaire minimum, mais cela signifie que ces derniers connaissent peu d’évolution salariale au cours de leur carrière.

Source AFP

LA CFDT RENCONTRE LES CANDIDATES ET LES CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2022

La CFDT organise une audition des candidates et des candidats à l’élection présidentielle le 10 mars. Ils seront six à se prêter à l’exercice : Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Emmanuel Macron représenté par Richard Ferrand, Jean-Luc Mélenchon représenté par Eric Coquerel, Valérie Pécresse représentée par Damien Abad, et Fabien Roussel.

Les candidates et les candidats sont invités à s’exprimer sur les 5 thèmes suivants :   

  1. Le dialogue social, le rôle du syndicalisme et la conception du pouvoir 
  2. Le modèle social français, la couverture des risques et la solidarité 
  3. L’économie et la transition écologique 
  4. Le pouvoir d’achat, les conditions de travail et d’emploi 
  5. L’Europe, l’International et la régulation. 

Le déroulé de l’audition est le même pour chaque candidate et chaque candidat: la séquence dure 26 minutes et les questions posées, préparées en amont, sont identiques pour chacune et chacun d’entre eux. 

Le déroulé de la matinée est le suivant  : 

  • 8h30 – 09h00 :  Accueil des participants et introduction par Laurent Berger 
  • 9h00 – 12 :30 : audition des candidats dans l’ordre suivant : Anne Hidalgo, Fabien Roussel, Emmanuel Macron représenté par Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale), Yannick Jadot, Valérie Pécresse représentée par Damien Abad (président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale), Jean-Luc Mélenchon représenté par Eric Coquerel (député La France Insoumise).
  • 12h30-12h45: Conclusion de la matinée. 

L’animation de la matinée a été assurée par Anne-Sophie Balle et Jérôme Citron, journalistes à Syndicalisme Hebdo. 

Cette audition est accessible en replay sur cette page, et sur facebook.com/la.cfdt

Pour aller plus loin…

LA CFDT ADRESSE 40 QUESTIONS AUX CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2022 (accessibles ci-dessous)

Comme elle le fait pour chaque élection présidentielle, la CFDT nourrit le débat public autour de cette échéance cruciale pour notre démocratie en adressant à tous les candidats, à l’exception des représentants de l’extrême-droite, une Adresse aux candidats qui comprend 40 questions.

[ENTRETIEN] « IL NE PEUT PAS Y AVOIR DE DÉBAT SUR LES RETRAITES MAINTENANT, IL N’Y A PAS D’ESPACE AVANT L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2022. »

Laurent Berger était en direct de France Info lundi 21 juin. Au lendemain des élections régionales et départementales, il est revenu sur le fort taux d’abstention, abordant la question de la fatigue démocratique. Il a également rappelé l’opposition de la CFDT à la réforme de l’Assurance Chômage ainsi qu’à l’idée d’une réforme des retraites avant 2022. 

GOUVERNEMENT : UNE NOUVELLE MÉTHODE DE DIALOGUE SOCIAL ?

• Le 17 juillet, Jean Castex recevait l’ensemble des partenaires sociaux à l’hôtel de Matignon afin d’arrêter une méthode de travail et un calendrier pour les semaines et les mois qui viennent.
• Une quinzaine de chantiers devraient être lancés d’ici à la fin de l’année. La réforme des retraites est reportée, l’application de la réforme de l’assurance-chômage suspendue.

À peine nommé, le nouveau Premier ministre avait reçu les 9 et 10 juillet chacune des organisations syndicales et patronales en bilatérales pour une première prise de contact. Quelques jours plus tard, c’est ensemble qu’elles ont été reçues à Matignon pour une conférence de dialogue social, que Jean Castex affirme vouloir poursuivre dans la durée.

Un prochain sommet social est déjà annoncé au mois d’octobre, mais « la démarche pourra être renouvelée autant de fois que nécessaire ». Après des années de consultation a minima, la « méthode Castex », comme la surnomment déjà certains, est plutôt bien accueillie. À sa sortie, Laurent Berger salue la « sincérité du Premier ministre sur sa volonté de dialogue social et la conviction que la priorité est placée au bon endroit en termes d’objectifs et de calendrier : l’emploi ! ».

Un calendrier particulièrement dense

Juillet 2020

  • Concertation express autour d’Élisabeth Borne sur le plan jeunes.
  • Remise du rapport à Olivier Véran sur la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale couvrant la perte d’autonomie.
  • Barbara Pompili réunit une multilatérale sur la mise en œuvre des mesures issues de la convention citoyenne pour le climat. Un projet de loi est attendu à la fin juillet.

Septembre 2020

  • Concertation sur la déclinaison sectorielle et territoriale du plan de relance.
  • Ouverture du chantier sur le partage de la valeur ajoutée et la participation des salariés à la gouvernance d’entreprise.
  • État des lieux sur le financement de la protection sociale et saisie du Conseil d’orientation des retraites sur l’équilibre des régimes sociaux, devant servir de base à la concertation.

Automne 2020

  • En octobre, le Premier ministre convoquera une nouvelle conférence de dialogue social.
  • Fin des discussions paritaires sur le télétravail entamé à la mi-juin et devant aboutir à un diagnostic partagé.
  • Lancement de la concertation tripartite sur les retraites et la question des seniors.

Début 2021

  • Entrée en vigueur de la réforme de l’assurance-chômage de juillet 2019 dans son intégralité.

Lutte contre le chômage et relance économique

Dès cette semaine, les concertations commencent par le plan jeunesse, dont les principales mesures ont été annoncées mais avec des modalités qui restent à définir. Priorités absolues, la lutte contre le chômage et la relance économique donneront lieu à plusieurs rencontres cet été en vue du plan de relance finalisé d’ici à la fin du mois d’août, et sur lequel le gouvernement souhaite associer plus largement les territoires. « Celui-ci devra comporter des mesures d’urgence et des mesures structurelles sur l’évolution de notre modèle productif et la transition énergétique », plaide de son côté Laurent Berger.

Sans préjuger du résultat, le gouvernement dit vouloir « laisser aux partenaires sociaux le temps de la négociation ». Ces derniers apprécieront, eux dont les discussions paritaires ont été tant de fois parasitées ces dernières années. En cours, les discussions paritaires à propos du télétravail et de la négociation sur la santé au travail devraient donc pouvoir avancer sans interférence. Et la volonté de parler du travail, au-delà de l’emploi, est un « signal positif » relevé par plusieurs organisations syndicales.

Un signe d’ouverture

Au total, une quinzaine de chantiers devraient être lancés d’ici à la fin d’année. Les réformes les plus sensibles, elles, sont renvoyées à plus tard. Parallèlement après avoir décidé de reporter au 1er janvier 2021 la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage (dont une partie est entrée en vigueur en novembre 2019), le Premier ministre proposera aux partenaires sociaux une concertation visant à modifier les conditions d’indemnisation, qui ne sont plus adaptées au contexte, notamment en ce qui concerne le salaire journalier de référence. Un courrier leur sera envoyé en ce sens dans les tout prochains jours. Au sujet des retraites, le calendrier est là aussi desserré, avec une distinction entre les effets conjoncturels de la crise sur l’équilibre des régimes et ce qui relève du structurel. Les concertations devraient reprendre une fois que les prévisions du Conseil d’orientation des retraites seront connues, en parallèle des discussions sur la mise en place d’un système universel des retraites.

Trois sujets mis sur la table

En sus d’un calendrier déjà dense, la rencontre a fait émerger trois sujets que les partenaires sociaux souhaitent ajouter dans l’agenda social : les travailleurs des plateformes et la manière de structurer une forme de dialogue social ; les métiers des travailleurs de la « deuxième ligne », que les syndicats souhaitent rendre plus attrayants par l’ouverture de discussions sur les classifications et les évolutions de carrières ; enfin, ils souhaitent aborder la question des métiers en tension, pour lesquels les branches devraient être sollicitées. Sur ce dernier point, la restructuration des branches entamée en 2016 devrait cependant marquer un temps d’arrêt. La priorité n’est pas là pour l’instant.

Laurent Berger (CFDT) : « Il faut repousser cette idée de discussion sur les retraites »

Laurent Berger est l’invité politique de la matinale d’Europe 1 vendredi. Le secrétaire général de la CFDT, qui doit rencontrer le Premier ministre Jean Castex vendredi avec les autres syndicats et patronat, demande au gouvernement de renoncer à la relance des discussions sur la réforme des retraites pendant l’été, sous peine de replonger le pays dans les « conflits sociaux » à la rentrée.