Gouvernement

Hausse du coût de la vie : L’inflation accélère en France à 5,2% sur un an en mai

L’inflation a dépassé la barre symbolique des 5%, selon les estimations publiées mardi par l’Insee.

Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1985.

ls n’en finissent plus de grimper. Les prix à la consommation ont augmenté de 5,2% sur un an, au mois de mai, selon de premières estimations publiées par l’Insee mardi 31 mai.

Un tel niveau d’inflation n’avait plus été atteint depuis 1985, dernière année au cours de laquelle la barre symbolique des 5% avait été dépassée.

« Concrètement cette hausse veut dire qu’un Français a dû dépenser 5% de plus au mois de mai pour maintenir sa consommation au même niveau », explique l’Insee auprès de Franceinfo. L’Institut national de la statistique et des études économiques précise également que le chiffre de 5,2% est une moyenne qui cache des disparités « assez fortes ».

« La hausse est en réalité beaucoup plus forte pour les ménages qui sont plus dépendants de la voiture. Mais aussi pour les ménages les plus modestes pour lesquels les dépenses alimentaires pèsent plus lourd dans le budget », ajoute l’Insee.

Dans le détail, la hausse du coût de l’énergie est toujours le principal moteur de l’inflation. Tirée par l’envolée des cours du pétrole, l’augmentation des prix de l’énergie a été de 28% sur un an au mois de mai, après avoir atteint 26,5% en avril.

Mais le boom des prix se ressent également plus fortement dans l’alimentaire. La hausse des prix dans l’alimentation a en effet atteint 4,2% au mois de mai, contre 3,8% en avril. « Nous commençons à voir une diffusion de l’inflation qui était principalement cantonnée au départ sur l’énergie et qui commence à toucher les autres secteurs », commente l’Insee.

Source : Franceinfo

Pouvoir d’achat : La CFDT interpelle le gouvernement une nouvelle fois.

🚨 URGENCE POUVOIR D’ACHAT 🚨

Pour la CFDT une seule urgence : le pouvoir d’achat.

Dès la nomination du ou de là ministre de la Fonction publique, la CFDT l’interpellera pour ouvrir des négociations sur la valeur du point d’indice et la revalorisation des grilles.

Pour en savoir plus, prenez quelques minutes et regardez la vidéo.

Salaires : le minimum de traitement passe à l’indice majoré 352 depuis le 1er mai 2022

L’augmentation du SMIC au 1er mai 2022 entraine une aug­men­ta­tion du traite­ment min­i­mum dans la fonc­tion publique. Les grilles indi­ci­aires sont mod­i­fiées en conséquence.

Quelques rap­pels :

  • Le gou­verne­ment a promis un dégel de la valeur du point d’indice pour “cet été”
  • La valeur du point d‘indice brut est de 4,686 €
  • La valeur du point d‘indice net est de 3,719 € (Le “net” cor­re­spond à un salaire indi­cié prenant en compte la retenue Pen­sion (11,10 %) ainsi que les CSG (9,2 %) & CRDS (0,5 %) appliqués sur 98,25 % du salaire brut. Ne sont pas prises en compte les primes (RIF­SEEP, IR, PFR, IAT, NBI, …), ni la RAFP (retraite addi­tion­nelle de la fonc­tion publique), ni l’Indemnité de Rési­dence (1 % et 3 %), ni l’indemnité com­pen­satrice de la hausse de la CSG, ni le prélève­ment de l’impôt à la source (PAS))

Du fait du rat­tra­page du SMIC au 1er mai 2022, l’indice de traite­ment min­i­mum de la Fonc­tion Publique est réé­valué, pas­sant de 343 à 352 (en indices majorés).

Cette mise à jour inter­vient sur les grilles C1, C2 et B1 (min­i­mum de traite­ment = 352)

Les grilles C3 et B2 ainsi que les grilles de caté­gorie A ne sont pas impactées.

Vous noterez l’absur­dité pour les agents de caté­gorie C de la grille C qui com­men­cent à l’indice 352 (min­i­mum de traite­ment) et gag­neront … 2 points au bout de … 9 ans !!

Le minimum de traitement de la fonction publique va augmenter, le 1er mai, d’un peu plus de 42 euros bruts mensuels (33,46 € nets), afin de tenir compte de la hausse du SMIC qui interviendra à la même date.

En conseil des ministres du mercredi 20 avril, le gouvernement a examiné un projet de décret qui prévoit une revalorisation du minimum de traitement dans la fonction publique.

Ce décret, publié au JO du 21-04-22, précise qu’à compter du 1er mai 2022, une progression de 9 points d’indice majoré (de 343 à 352) sera effective, ce qui sous entend que :

  • En valeur brute, le minimum de traitement s’établira à 1.649,48 euros bruts mensuels pour un plein temps, contre 1.607,31 euros bruts mensuels actuellement.
  • En valeur nette (hors primes et indemnités diverses) il sera de 1309,20 euros nets mensuels pour un plein temps, contre 1275,74 euros nets mensuels actuellement : gain 33,46 € nets.

Au mois de mars, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques avait annoncé que le minimum de traitement dans la fonction publique serait maintenu “quoi qu’il arrive” au-dessus du SMIC.

Il s’agit de tenir compte de la hausse de 2,65% du SMIC au 1er mai prochain, qui portera celui-ci à 10,85 euros bruts par heure et 1.645,58 euros bruts mensuels pour un plein temps. Des montants qui sont fixés par un arrêté paru ce 20 avril au Journal officiel.

Le Code du travail prévoit que lorsque l’indice national des prix à la consommation atteint une hausse d’au moins 2% par rapport à l’indice constaté lors de l’établissement du SMIC immédiatement antérieur, le SMIC est “relevé dans la même proportion à compter du premier jour du mois qui suit la publication de l’indice”.

L’application de cette règle conduit à la hausse du SMIC de 2,65% au 1er mai prochain, qui représente environ 34 euros nets par mois en plus pour les personnes les plus faiblement rémunérées.
Elle avait déjà conduit à une première hausse du SMIC le 1er octobre 2021 (+2,2%) et à une seconde le 1er janvier 2022 (+0,9%).
Dans ces deux cas, le gouvernement avait déjà choisi de relever le minimum de traitement de la fonction publique, préférant cette option à celle du versement d’une indemnité, dite différentielle.

Cette augmentation concernera les rémunérations des agents classés dans les 7 premiers échelons de la catégorie C1, les 3 premiers échelons de la catégorie C2,  ainsi que les 2 premiers échelons de la catégorie B1.
Selon le gouvernement, c’est environ 694.000 agents des 3 fonctions publiques qui vont voir leur rémunération progresser le 1er mai prochain, du fait du relèvement du minimum de traitement.

En priorité le pouvoir d’achat !

Dans une tribune parue dans le journal « Marianne » publiée le 28 avril 2022, la secrétaire générale de la CFDT Fonction publique, Mylène Jacquot demande que les questions de pouvoir d’achat soient prioritaires.

En lien avec l’augmentation du Smic et l’inflation, il faut des mesures d’urgence sur la valeur du point d’indice et sur les grilles. Et il faudra aussi construire l’ouverture de négociation sur le pouvoir d’achat des agents publics, leurs rémunérations, leurs carrières.

Pour Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, la question du pouvoir d’achat dans la Fonction publique apparaît cruciale et doit être l’objet de réformes rapides.

Le scrutin présidentiel est achevé. Certes, nul ne sait encore quelle sera la majorité issue des élections législatives du mois de juin. Pour autant, les enjeux touchant à la Fonction publique et ses 5,6 millions d’agents ne peuvent attendre tant ils sont importants !

En priorité le pouvoir d’achat ! L’augmentation du SMIC au 1er mai appelle en effet des mesures d’urgence.

La hausse de la valeur du point d’indice qui permet de calculer le salaire brut des fonctionnaires, est indispensable.

Après dix ans de quasi-stagnation, la CFDT estime qu’elle ne peut être inférieure à 3 % ; soit a minima 42 euros nets par mois pour un agent en début de carrière de catégorie C. Mais même à ce niveau de 3 %, cette hausse du point d’indice sera insuffisante. C’est pourquoi il faut très rapidement revoir les grilles de rémunérations ; sans quoi, les agents de catégorie C seront payés au SMIC pendant plus de dix ans, les agents de catégorie B pendant au moins 4 ans. Quant aux fonctionnaires de catégorie A, ils seront recrutés à peine 150 euros au-dessus du SMIC ! En outre, une rétroactivité de la mesure est nécessaire. La CFDT appréciera ces mesures d’urgence comme un ensemble, qui devra faire l’objet d’une concertation.

LA DÉMOCRATIE SOCIALE DANS LA FONCTION PUBLIQUE

Il faudra ensuite négocier, au-delà des seules mesures catégorielles, pour donner à tous les agents – fonctionnaires et contractuels –, des perspectives salariales qui garantissent la progression de leur pouvoir d’achat tout au long de leur carrière, reconnaissent leurs montées en compétences, leurs parcours professionnels, leurs prises de responsabilités et tout simplement leur engagement professionnel apprécié au quotidien par les citoyens, et particulièrement pendant les années de crise. Cette négociation devra intégrer les questions d’égalité professionnelle car les marges de progrès dans ce domaine sont aussi réelles qu’indispensables.

« Il faut que le futur gouvernement et les employeurs publics soient au rendez-vous ! »

Enfin, il faut rendre les métiers des trois fonctions publiques plus attractifs. C’est vrai pour l’hôpital bien sûr, mais aussi pour tous les secteurs des services à la personne, de l’enseignement, de la recherche publique, de la culture, des transitions écologiques et technologiques, du social… Au-delà de cette liste, il faut aussi mieux reconnaître les agents en charge de l’encadrement – y compris supérieur et dirigeant – puisque leurs niveaux de rémunérations peuvent être trois fois inférieurs à ceux du privé. Investir dans leur formation, leur accompagnement, mobiliser leurs compétences indiscutables en leur accordant plus de confiance, mieux gérer leurs carrières permettrait ainsi de limiter drastiquement le recours aux cabinets extérieurs…

Mais pour avancer sur tous ces sujets – réorganiser en même temps les services sur les territoires –, il faut du dialogue social… et donc que les employeurs publics respectent les organisations syndicales ! La CFDT s’est opposée à la loi de transformation de la Fonction publique, a déjà obtenu que sa mise en œuvre soit amendée et améliorée. Elle poursuivra sans relâche son engagement pour faire vivre la démocratie sociale dans la Fonction publique. Cependant la CFDT ne peut le faire seule : il faut que le futur gouvernement et les employeurs publics soient au rendez-vous !

Par Mylène Jacquot

GOUVERNEMENT : UNE NOUVELLE MÉTHODE DE DIALOGUE SOCIAL ?

• Le 17 juillet, Jean Castex recevait l’ensemble des partenaires sociaux à l’hôtel de Matignon afin d’arrêter une méthode de travail et un calendrier pour les semaines et les mois qui viennent.
• Une quinzaine de chantiers devraient être lancés d’ici à la fin de l’année. La réforme des retraites est reportée, l’application de la réforme de l’assurance-chômage suspendue.

À peine nommé, le nouveau Premier ministre avait reçu les 9 et 10 juillet chacune des organisations syndicales et patronales en bilatérales pour une première prise de contact. Quelques jours plus tard, c’est ensemble qu’elles ont été reçues à Matignon pour une conférence de dialogue social, que Jean Castex affirme vouloir poursuivre dans la durée.

Un prochain sommet social est déjà annoncé au mois d’octobre, mais « la démarche pourra être renouvelée autant de fois que nécessaire ». Après des années de consultation a minima, la « méthode Castex », comme la surnomment déjà certains, est plutôt bien accueillie. À sa sortie, Laurent Berger salue la « sincérité du Premier ministre sur sa volonté de dialogue social et la conviction que la priorité est placée au bon endroit en termes d’objectifs et de calendrier : l’emploi ! ».

Un calendrier particulièrement dense

Juillet 2020

  • Concertation express autour d’Élisabeth Borne sur le plan jeunes.
  • Remise du rapport à Olivier Véran sur la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale couvrant la perte d’autonomie.
  • Barbara Pompili réunit une multilatérale sur la mise en œuvre des mesures issues de la convention citoyenne pour le climat. Un projet de loi est attendu à la fin juillet.

Septembre 2020

  • Concertation sur la déclinaison sectorielle et territoriale du plan de relance.
  • Ouverture du chantier sur le partage de la valeur ajoutée et la participation des salariés à la gouvernance d’entreprise.
  • État des lieux sur le financement de la protection sociale et saisie du Conseil d’orientation des retraites sur l’équilibre des régimes sociaux, devant servir de base à la concertation.

Automne 2020

  • En octobre, le Premier ministre convoquera une nouvelle conférence de dialogue social.
  • Fin des discussions paritaires sur le télétravail entamé à la mi-juin et devant aboutir à un diagnostic partagé.
  • Lancement de la concertation tripartite sur les retraites et la question des seniors.

Début 2021

  • Entrée en vigueur de la réforme de l’assurance-chômage de juillet 2019 dans son intégralité.

Lutte contre le chômage et relance économique

Dès cette semaine, les concertations commencent par le plan jeunesse, dont les principales mesures ont été annoncées mais avec des modalités qui restent à définir. Priorités absolues, la lutte contre le chômage et la relance économique donneront lieu à plusieurs rencontres cet été en vue du plan de relance finalisé d’ici à la fin du mois d’août, et sur lequel le gouvernement souhaite associer plus largement les territoires. « Celui-ci devra comporter des mesures d’urgence et des mesures structurelles sur l’évolution de notre modèle productif et la transition énergétique », plaide de son côté Laurent Berger.

Sans préjuger du résultat, le gouvernement dit vouloir « laisser aux partenaires sociaux le temps de la négociation ». Ces derniers apprécieront, eux dont les discussions paritaires ont été tant de fois parasitées ces dernières années. En cours, les discussions paritaires à propos du télétravail et de la négociation sur la santé au travail devraient donc pouvoir avancer sans interférence. Et la volonté de parler du travail, au-delà de l’emploi, est un « signal positif » relevé par plusieurs organisations syndicales.

Un signe d’ouverture

Au total, une quinzaine de chantiers devraient être lancés d’ici à la fin d’année. Les réformes les plus sensibles, elles, sont renvoyées à plus tard. Parallèlement après avoir décidé de reporter au 1er janvier 2021 la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage (dont une partie est entrée en vigueur en novembre 2019), le Premier ministre proposera aux partenaires sociaux une concertation visant à modifier les conditions d’indemnisation, qui ne sont plus adaptées au contexte, notamment en ce qui concerne le salaire journalier de référence. Un courrier leur sera envoyé en ce sens dans les tout prochains jours. Au sujet des retraites, le calendrier est là aussi desserré, avec une distinction entre les effets conjoncturels de la crise sur l’équilibre des régimes et ce qui relève du structurel. Les concertations devraient reprendre une fois que les prévisions du Conseil d’orientation des retraites seront connues, en parallèle des discussions sur la mise en place d’un système universel des retraites.

Trois sujets mis sur la table

En sus d’un calendrier déjà dense, la rencontre a fait émerger trois sujets que les partenaires sociaux souhaitent ajouter dans l’agenda social : les travailleurs des plateformes et la manière de structurer une forme de dialogue social ; les métiers des travailleurs de la « deuxième ligne », que les syndicats souhaitent rendre plus attrayants par l’ouverture de discussions sur les classifications et les évolutions de carrières ; enfin, ils souhaitent aborder la question des métiers en tension, pour lesquels les branches devraient être sollicitées. Sur ce dernier point, la restructuration des branches entamée en 2016 devrait cependant marquer un temps d’arrêt. La priorité n’est pas là pour l’instant.