Mois: avril 2022

Nouveau quinquennat : la CFDT pose ses exigences

“Montrez que vous savez être à l’écoute…” Alors que le résultat de l’élection présidentielle révèle une France profondément fracturée, la CFDT appelle Emmanuel Macron à ouvrir rapidement des espaces de dialogue et à prendre à bras-le-corps les problèmes de la société. Afin d’engager la discussion, elle présente quinze revendications.

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Syndhebdo

58,54 % pour le Président sortant au deuxième tour. Passé le soulagement de ne pas voir le Rassemblement national remporter l’élection présidentielle, ce résultat retentit comme un énième signal d’alarme. Élection après élection, l’extrême droite progresse, surfant sur un mal-être social ambiant et le rejet du « système » par une partie de la population qui ne se reconnaît plus dans les candidats dits modérés ou de gouvernement. Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a donc été élu avec le soutien de nombreux citoyens qui voulaient avant tout éviter l’accession au pouvoir de l’extrême droite.

« Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Je veux ici les remercier et leur dire que ce vote m’oblige pour les années à venir », a d’ailleurs reconnu le Président lors de son discours à la tour Eiffel à l’issue du deuxième tour.

Quinze sujets, quinze urgences

La CFDT – qui s’est mobilisée dès le 10 avril pour faire barrage au Rassemblement national en appelant à voter Emmanuel Macron – le prend à présent au mot. Et pose sur la table ses quinze premières revendications. Quinze sujets sur lesquels la CFDT est prête à engager des discussions sans attendre. L’évolution des grilles de salaires et des minima sociaux, la révision des ordonnances travail, la formation des seniors et des personnes en reconversion, les retraites ou encore l’investissement dans la santé constituent les axes essentiels de ses revendications… car les attentes sont nombreuses. « Nous avons besoin de réponses immédiates ! Montrez que vous savez être à l’écoute », interpelle ainsi la CFDT, qui entend obtenir de l’exécutif un changement de méthode lors du quinquennat à venir.

Tract des quinze revendications CFDT pour le nouveau quinquennat du Président Macron
Tract des quinze revendications CFDT pour le nouveau quinquennat du Président Macron© InfoCom CFDT

Grand rendez-vous social

Laurent Berger l’a d’ailleurs réaffirmé dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 27 avril, dans laquelle il interpelle directement Emmanuel Macron. « Monsieur le président, vous ne pourrez pas relever ces défis tout seul. Convoquez dès aujourd’hui une rencontre avec les partenaires sociaux et les grandes associations. Appelez-la comme vous voulez – conférence, Grenelle, convention… –, mais lancez dès maintenant ce grand rendez-vous social pour changer de méthode et associer le plus grand nombre à la co-construction des décisions. »

Alors que le candidat Macron promettait il y a quelques jours encore une présidence moins verticale, espérons que le Président réélu n’oublie pas cet engagement de campagne. À présent, la CFDT attend des actes. « Notre appel est ferme mais constructif : entendez-le !, conclut Laurent Berger dans sa tribune. Il ne peut y avoir de démocratie sans démocratie sociale. »

Dans une tribune parue dans le journal « Le monde » le 27 avril 2022, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, appelle Emmanuel Macron à convoquer un « grand rendez-vous social » avant ses décisions futures.

La CFDT appelle à battre le Rassemblement national

La CFDT demande à toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et aux valeurs de la République -liberté, égalité, fraternité- de se mobiliser dimanche 24 avril pour battre la candidate du Rassemblement national en votant pour Emmanuel Macron.

Cet appel ne vaut ni approbation du bilan du président sortant ni adhésion à son programme.

Médico Social : CARTON ROUGE AU GOUVERNEMENT !

Lors de la conférence des métiers du 18 février dernier,

Jean Castex, 1er ministre, faisait des annonces salariales pour les agents des SAAD et du secteur de l’accompagnement social et médicosocial.

Encore une fois, les actes du gouvernement ne sont pas à la hauteur des engagements !

EXTENSION DU SÉGUR : Les agents territoriaux otages du ping-pong désolant entre le Gouvernement et les employeurs locaux

183 € net pour les agents territoriaux : personne ne veut payer ???

Le CSFPT du 6 avril a examiné des décrets issus des annonces de la conférence sociale et des
transpositions des accords du Ségur. Ces dispositions vont permettre un premier niveau de
revalorisation pour certains métiers mais sans obligation pour les employeurs territoriaux.
Une prime sous condition :
Contrairement aux collègues des EHPAD territoriaux, qui bénéficient depuis l’année dernière
d’augmentation sous forme de point d’indice (CTI), la prime de revalorisation présentée dans
ces décrets n’est pas automatique.

Elle nécessite que la collectivité la délibère, cette dernière peut donc refuser cette augmentation !

La position des employeurs territoriaux refusant de prendre part au vote interroge sur leur volonté de revaloriser ces métiers.
« Les agents territoriaux sont les otages du financement de ces revalorisations. Tout le monde
s’accorde à dire que ces métiers sont dévalorisés, pas assez rémunérés, en manque
d’attractivité mais personne ne veut financer leurs augmentations. La libre administration des
collectivités sert ici, une fois de plus, de prétexte alors que ces revalorisations sont attendues et
méritées.

Qui parle d’équité ? » explique Jacques Lager, secrétaire général d’Interco CFDT.

La CFDT réclame une hausse « d’au moins 3 points » du point d’indice des fonctionnaires

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s’est prononcé lundi 4 avril 2022 pour une hausse « d’au moins trois points » de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, dans un contexte de forte inflation (+4,5% sur un an en mars).

« Il est grand temps d’augmenter la valeur du point », a dit M. Berger sur Public Sénat, alors que le président de la République Emmanuel Macron a promis une hausse du point d’indice s’il est réélu.

La dernière augmentation date de février 2017 (+0,6%), juste avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Le patron du premier syndicat français s’est aussi dit favorable à l’ouverture de négociations salariales dans le privé, pour accompagner l’augmentation automatique du Smic attendue le 1er mai (entre 2,4 et 2,6%).

Avec cette augmentation, ce sont en effet 147 branches professionnelles sur les 171 de plus de 5.000 salariés dont les grilles salariales commenceront avec des minima inférieurs au Smic.

Une situation « inédite », selon M. Berger, qui « souhaite que le gouvernement quel qu’il soit impose aux branches professionnelles dans les six mois d’avoir des négociations pour que leurs minima de branche ne soit pas inférieures au Smic », et les astreigne sinon à des « sanctions ».

Dans de nombreuses branches professionnelles les grilles salariales commencent en-dessous du Smic. Les employeurs sont obligés de rémunérer leurs salariés au niveau du salaire minimum, mais cela signifie que ces derniers connaissent peu d’évolution salariale au cours de leur carrière.

Source AFP