35 000 personnes à Rennes ce 31 janvier contre la réforme des retraites, historique !

Près de 150 000 personnes ont manifesté en #Bretagne pour dire non à cette #reformedesretraites injuste et brutale ! Une participation encore plus massive que le 19 janvier.

Le gouvernement doit entendre la voix des travailleurs et des travailleuses qui s’expriment !

Bravo et merci à tous les adhérents et militants #CFDT

35 000 manifestants à Rennes !

Réforme des retraites Acte 2 : 64 ans C’est toujours non !

Nous étions 1,8 MILLION dans les rues de France, en métropole et outre-mer, ce 19 janvier, pour affirmer notre refus du report de l’âge légal de départ à la retraite.
La CFDT l’a toujours dit : c’est la mesure la plus injuste.

L’intersyndicale représentant tous les agents Ville de Rennes, Rennes Métropole et le CCAS tiendra une Assemblée Générale le vendredi 27 janvier 2023 de 14h à 17h à la salle ASMR à Plaine de Baud afin de répondre à l’ensemble de vos interrogations concernant cette réforme injuste qui nous concerne toutes et tous.

Veuillez trouver ci dessous, un premier élément de réponse, ainsi que notre tract de mobilisation pour le mardi 31 janvier 2023.

Ci dessous, un premier élément de réponse :

Ci dessous, notre tract de mobilisation pour le 31 janvier : Venez encore plus nombreux, afin de faire plier le gouvernement !

RÉFORME DES RETRAITES 2023 – La CFDT répond À VOS QUESTIONS

Retrouvez ci-dessous les réponses à vos questions concernant la réforme des retraites présentée par la Première ministre le 10 janvier 2023.

NÉGOCIATION VS CONCERTATION ?

La négociation collective est un droit. Dans ce cadre, les organisations syndicales et patronales représentatives, ou les employeurs, négocient en vue d’aboutir à la conclusion de conventions et d’accords collectifs portant sur les conditions d’emplois et de travail des salariés et leurs garanties sociales. 

La négociation permet de créer de nouveaux droits, mais aussi de mettre en œuvre et d’adapter des règles aux besoins des salariés et des employeurs, notamment en tenant compte des spécificités de leur profession et de leur entreprise.

Il existe 3 niveaux de négociation collective : le niveau national interprofessionnel (tous secteurs confondus), le niveau de la branche professionnelle (par secteur d’activité), le niveau de l’entreprise.

La concertation est un processus réunissant le gouvernement et les partenaires sociaux (organisations syndicales et patronales représentatives) afin d’engager un dialogue entre toutes les parties en vue d’une réforme. L’objectif est d’aboutir à des solutions partagées et innovantes. Elle ne donne pas lieu à un accord. 

ÂGE LÉGAL VS DURÉE DE COTISATION ?

L’âge légal est l’âge minimum pour prendre votre retraite soit : 62 ans dans le système actuel. Avec la réforme, cet âge augmenterait progressivement pour atteindre 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis 64 ans en 2030.

Mais, pour avoir droit à une retraite à taux plein, vous devez avoir un nombre précis de trimestres d’assurance retraite (variable selon votre année de naissance) : c’est la durée de cotisation.

Si une fois l’âge légal atteint, vous ne réunissez pas le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein, vous pouvez partir à la retraite mais avec une « décote » sur le montant de votre pension : votre pension subira une minoration. Vous pouvez aussi faire le choix de poursuivre une activité professionnelle jusqu’à : 

  • remplir les conditions pour bénéficier du taux maximum ; 
  • avoir atteint l’âge du taux maximum automatique (fixé à 67 ans). C’est l’âge auquel vous pouvez partir à taux plein, même si vous n’avez pas cotisé tous les trimestres nécessaires.

Si une fois atteint l’âge légal, et votre taux plein, vous continuez votre activité professionnelle, vous obtiendrez une « surcote » lors de votre départ en retraite, c’est-à-dire que votre pension de retraite sera majorée.

SYSTÈME PAR RÉPARTITION VS SYSTÈME PAR CAPITALISATION ?

Dans le système par répartition, les cotisations des actifs servent à financer les pensions des travailleurs qui sont à la retraite.

Dans le système par capitalisation, les salariés épargnent pour financer leur propre future retraite.

C’EST QUOI LA RÉFORME TOURAINE ?

Du nom de la ministre des Affaires sociales en poste à ce moment-là, la loi du 20 janvier 2014, ou Réforme Touraine, introduit :

  • l’allongement de la durée de cotisation jusqu’à 43 ans selon l’année de naissance. La durée d’assurance requise pour l’obtention d’une retraite à taux plein augmente progressivement pour atteindre 43 ans (172 trimestres) pour les personnes nées en 1973 ou après.
  • la création d’un Compte professionnel de pénibilité (C2P) (Voir « C’est quoi le Compte pénibilité ? ») pour les travailleurs exerçant des métiers exposés à un ou plusieurs risques professionnels reconnus. Ce compte vise à compenser la pénibilité au travail en donnant notamment la possibilité de partir plus tôt à la retraite sans décote.
  • un nouveau mode de validation de trimestre : il faut avoir cotisé sur un revenu équivalant à 150 heures de Smic, au lieu de 200 heures précédemment.
  • une meilleure prise en compte de la maternité
  • une meilleure prise en compte de la période de formation
  • la création d’un Compte individuel retraite

C’EST QUOI LE COMPTE PROFESSIONNEL PRÉVENTION (C2P) ?

Souvent appelé « Compte pénibilité », le Compte professionnel de prévention (C2P) permet de déterminer et de référencer les facteurs de risques professionnels auquel un travailleur peut être exposé. Ainsi le C2P vise à compenser la pénibilité au travail.

Depuis 2017, les facteurs de risques/pénibilité sont au nombre de 6, à savoir :

3 facteurs liés aux rythmes de travail :

  • le travail de nuit (1 heure de travail entre minuit et 5 heures),
  • le travail en équipes successives alternantes (travail posté en 5 x 8 ou 3 x 8, par exemple),
  • le travail répétitif (répétition d’un même geste à cadence contrainte ou travail à la chaine).

3 facteurs liés à un environnement physique agressif :

  • les activités exercées en milieu hyperbare (les hautes pressions, 1 200 hectopascals, comme dans le percement de tunnels, par exemple),
  • les températures extrêmes (température inférieure ou égale à 5° ou supérieure ou égale à 30°),
  • le bruit (exposition quotidienne à un bruit d’au moins 81 décibels pour une période de référence de 8 heures, et exposition à des bruits impulsionnels, brefs et répétés, d’au moins 135 décibels).

Au-delà de certains seuils d’exposition du salarié à l’un, ou plusieurs, des facteurs de risques, l’employeur à l’obligation de les déclarer à la Caisse nationale d’assurance vieillesse. Un C2P est alors ouvert automatiquement au bénéfice du salarié. Il sera crédité en points en fonction de l’exposition de celui-ci tout au long de sa carrière, et le salarié pourra les utiliser pour :

  • partir en formation pour accéder à des postes moins ou pas exposés,
  • bénéficier d’un temps partiel sans perte de salaire,
  • bénéficier d’une retraite anticipée en validant des trimestres de majoration de durée d’assurance vieillesse.

4 des 10 facteurs inclus dans l’ancien Compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), remplacé par le C2P en 2017, ont été supprimés en 2017 lorsque le C3P est devenu C2P :

  • les postures pénibles,
  • les manutentions manuelles de charges,
  • les vibrations mécaniques,
  • les agents chimiques dangereux.

La CFDT a revendiqué la réintégration de ces quatre critères, dans le cadre de la concertation sur l’actuelle réforme des retraites. Le gouvernement n’a pas repris cette proposition, alors que 95 % des maladies professionnelles reconnues en 2019 sont liés à l’un de ces facteurs. Il veut mettre en place, uniquement pour les 3 facteurs ergonomiques (pas les agents chimiques dangereux), une visite médicale de fin de carrière pour reconnaitre l’inaptitude, et permettre ainsi de partir à 62 ans à la retraite à taux plein. C’est attendre que les gens soient cassés pour leur permettre de s’arrêter.

C’EST QUOI LE DISPOSITIF CARRIÈRE LONGUE ?

Le dispositif carrière longue concerne les assurés de tous les régimes et permet de partir en retraite anticipée, si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, et si vous remplissez certaines conditions de durée d’assurance retraite.

Aujourd’hui, le dispositif est organisé en deux étages :

  • une personne qui a commencé à travailler avant 16 ans peut partir à 58 ans, si elle a cotisé assez de trimestres pour le taux plein ET de deux années de cotisations supplémentaires ;
  • une personne qui a commencé avant 20 ans peut partir à 60 ans, si elle a cotisé assez de trimestres pour le taux plein, sans année de cotisation supplémentaire.

Dans son projet, le gouvernement veut créer trois étages au dispositif, en modifiant les paramètres :

  • conserver un droit à départ anticipé à 58 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16 ans, en diminuant le nombre d’années de cotisation supplémentaire (passanr de deux à une seule) ;
  • maintenir un droit au départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 18 ans (contre 20 ans aujourd’hui) mais en augmentant la durée de cotisation requise d’une année supplémentaire (contre aucune aujourd’hui) ;
  • reporter l’anticipation du droit à départ anticipé à 62 ans (contre 60 ans aujourd’hui) pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans mais sans année de cotisation supplémentaire (comme aujourd’hui).

Le dispositif proposé va dans le bon sens pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16 ans. En revanche, il est plus dur pour les personnes ayant commencé à travailler avant 18 et 20 ans.

C’EST QUOI LE COR ? ET LE FAMEUX RAPPORT DU COR ?

Créé en 2000, le Comité d’orientation des retraites (COR) est une instance indépendante qui analyse et suit les perspectives à moyen et long terme de notre système de retraite.

Il produit un diagnostic et des projections, à partir d’hypothèses sur les évolutions démographiques, sociales et économiques, qui permettent d’étudier la viabilité financière du système de retraite actuel (par répartition), c’est le Rapport du COR. Il peut contenir des recommandations de nature à éclairer les choix en matière de politique des retraites.

Le dernier rapport du COR date de septembre 2022, il constitue la neuvième édition et dresse un constat des évolutions du système français des retraites au regard des objectifs qui lui sont assignés et en présente les projections à l’horizon 2070.

POUR ALLER PLUS LOIN

Retraites : après une première mobilisation massive, nouvel appel syndical pour le 31 janvier

Plus de 1 million de personnes ont défilé ce jeudi contre la réforme des retraites. La mobilisation a été importante, y compris dans des petites villes. Les syndicats appellent à une nouvelle journée d’actions le 31 janvier. Elisabeth Borne veut continuer « à débattre et à convaincre ».

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, celui de la CGT, Philippe Martinez, ainsi que les co-secrétaires généraux de Solidaire, Murielle Guilbert et Simon Duteil, à la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris, le 19 janvier 2023. (Christophe ARCHAMBAULT/AFP)

L’unité, ça paie, ont dû se dire les leaders des huit syndicats français qui appelaient ce jeudi à une « journée de grèves et de manifestations » contre la réforme des retraites . La mobilisation a en effet été massive.

Selon la police, 1,12 million de personnes ont défilé dans toute la France (2 millions selon la CGT), globalement dans le calme, pour s’opposer notamment à la hausse de l’âge légal de retraite de 62 à 64 ans. Un niveau proche du maximum atteint le 12 octobre 2010 (1,23 million) au pic de la contestation contre la réforme Woerth qui avait porté l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Vers « un conflit dur »

« On est clairement sur une forte mobilisation, au-delà ce qu’on pensait », s’est félicité le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, qui a défilé à Paris au côté de ses homologues, Philippe Martinez, de la CGT, Frédéric Souillot, de Force ouvrière, de François Hommeril, de la CFE-CGC, de Cyril Chabanier, de la CFTC, de Laurent Escure, de l’Unsa ainsi que de Murielle Guilbert et Simon Duteil, de Solidaires

Les organisations de salariés comptent bien réitérer ce succès : leurs numéros deux qui se sont réunis en fin de journée se sont mis d’accord sur un nouveau rendez-vous le mardi 31 janvier. D’ici là, « notamment autour du 23 janvier, jour de la présentation de la loi en Conseil des ministres », les syndicats « appellent à multiplier les actions et initiatives partout sur le territoire, dans les entreprises et les services, dans les lieux d’étude, y compris par la grève ». Et bien sûr à signer la pétition lancée le 11 janvier, qui avait recueilli ce jeudi soir près de 630.000 signaures.

Pour le leader de Force ouvrière, Frédéric Souillot, « on est parti pour un conflit dur » et « il faut bloquer l’économie ».

La jauge atteinte ce jeudi est au niveau des plus fortes mobilisations enregistrées sur ces trente dernières années. C’est bien plus qu’au démarrage du mouvement contre la réforme des retraites élaborée lors du premier quinquennat et finalement abandonnée à la suite de l’épidémie de Covid. Le 5 décembre 2019, le mouvement avait rassemblé 806.000 personnes selon le ministère de l’Intérieur.

Dans tout le territoire

Ce jeudi, 36.000 personnes ont défilé à Toulouse, 26.000 à Marseille, 25.000 à Nantes, 19.000 à Clermont-Ferrand, 15.000 à Montpellier ou encore 23.000 à Lyon, où la manifestation a été émaillée de quelques heurts entre forces de l’ordre et militants d’ultragauche…

Mais la mobilisation ne s’est pas limitée aux grandes villes. C’est une caractéristique forte, signe que le mécontentement irrigue le territoire. Dans de nombreuses villes moyennes, aussi, les défilés ont réuni beaucoup de monde, à l’image de Pau (13.600 manifestants), Angoulême (9.000), Châteauroux (8.000) ou Alès (7.200).

Une ambiance joyeuse

A Paris, où depuis 2016, les défilés ont été émaillés d’importantes violences, il y a eu quelques affrontements entre police et « black blocs » mais cela n’a pas empêché les manifestants de défiler de République à Nation. Ce qui a conduit certains à rebrousser chemin après des heures d’attente, c’est l’affluence. Pour y faire face, un itinéraire de délestage a été mis en place, rendant impossible le comptage du cabinet Occurrence pour plusieurs médias, dont « Les Echos ». La police a décompté 80.000 manifestants dans la capitale (400.000 pour la CGT), ce qui est en soi une affluence très importante. Avec des profils de tous âges, depuis les jeunes actifs jusqu’aux retraités, dans une ambiance bon enfant.

La Première ministre, Elisabeth Borne, a salué les « bonnes conditions » dans lesquelles se sont déroulées les manifestations, en promettant de continuer « à débattre et à convaincre ». Sur RTL, le ministre du Travail Olivier Dussopt a reconnu que la mobilisation « était importante. On savait qu’elle serait importante. Il est normal que le sujet des retraites suscite des inquiétudes, auxquelles il faut répondre », a-t-il ajouté.

Difficile de mesurer la proportion de salariés du privé dans les cortèges et plus globalement dans la mobilisation. Mais en tout cas à Paris, les salariés des entreprises publiques (massivement en grève au niveau national) ne s’étaient pas déplacés en très grand nombre contrairement à d’autres fois, ce qui n’a pas empêché un cortège fourni.

Du côté des fonctionnaires, les appels unitaires à la grève ont été très suivis parmi les agents de l’Etat, et en particulier les enseignants , même si le taux de grévistes y a été globalement un peu inférieur au 5 décembre 2019, à 29,5 % contre 33 % il y a trois ans. Dans les hôpitaux, le taux de grévistes a atteint un niveau équivalent, à 19,6 %. La fonction publique territoriale a connu, elle, un petit ressaut avec un taux de grévistes de 14,4 % contre 13,8 % en décembre 2019.

Source : les Echos