Déclaration préalable CFDT au Comité technique du 27/09/2022

Retrouver ci dessous notre déclaration faite en préambule du Comité technique du 27/09/2022 :

Sujets abordés :

  • Charge de travail des cadres
  • Réforme des retraites
  • Montée des extrêmes
  • Crise énergétique

Le projet “France Travail” sur les rails

Officialisé lors de la présentation aux partenaires sociaux de la feuille de route du ministère du Travail, le chantier de rénovation du service public de l’emploi fera l’objet d’une mission de concertation puis d’une phase d’expérimentation pour un lancement opérationnel attendu au 1er janvier 2024.

France Travail pourrait remplacer Pôle emploi dès le 1er janvier 2024…© Arnaud Hébert/RÉA

Objectif plein-emploi. Tel est le cap fixé par le ministère du Travail, qui présentait le 12 septembre aux partenaires sociaux les huit chantiers prioritaires qu’il entend mener au cours des prochains mois. Tout en haut de la liste figure la volonté de rénover le service public de l’emploi par la création de France Travail. De quoi s’agit-il ? Selon le ministère, l’idée consiste à « proposer un accompagnement renforcé à toutes les personnes qui ne sont pas capables de retrouver seules un emploi, notamment les allocataires du RSA, et améliorer notre réponse aux besoins des entreprises ». Tout cela nécessite évidemment de coordonner davantage les acteurs intervenant sur l’emploi (qu’il s’agisse de Pôle emploi, des missions locales mais aussi des collectivités) et d’articuler les différents dispositifs pour « permettre de coordonner les réponses et réduire les ruptures de parcours ».

La voie de la concertation

Dans une phase préliminaire, le ministre du Travail a confié au Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, Thibaut Guilluy, une « mission de concertation et de préfiguration » qui doit commencer ses travaux dans les tout prochains jours « en lien avec les partenaires sociaux », peut-on lire dans la lettre de mission. Il s’agira, dans les trois prochains mois, de « partager le diagnostic, élaborer des propositions concrètes pour la transformation du service public de l’emploi, et préfigurer la transformation de Pôle emploi en France Travail » pour une mise en place progressive à partir de janvier 2024. Une phase d’expérimentation sur « la réforme de l’accompagnement du RSA » est également prévue et pourrait être lancée dès octobre dans quelques territoires en vue d’un démarrage opérationnel en 2023.

Le retour d’un RSA conditionné ?

Derrière ces termes, on ne peut s’empêcher de repenser à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, qui, dès mars 2022, parlait de conditionner le RSA à quinze à vingt heures de travail hebdomadaire… « Une vision punitive des personnes qui sont en situation de pauvreté », rappelait alors la CFDT par la voix de son secrétaire général, Laurent Berger. « Travailler gratuitement, c’est de l’esclavage », s’emportait-il. Quelques mois plus tard, derrière le choix sémantique de transformer Pôle emploi en France Travail, et la volonté d’Olivier Dussopt d’« articuler, coordonner et synchroniser » les chantiers France Travail et assurance chômage, peu doutent que l’ambition de l’exécutif ait été abandonnée. Les organisations syndicales, en tout cas, restent sur le qui-vive.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 15/09/2022 à 08h35 et mis à jour le 15/09/2022 à 08h36

À PROPOS DE L’AUTEUR Anne-Sophie Balle

Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Le Parlement européen adopte la directive sur des salaires minimaux adéquats

© Frédéric Maigrot/RÉA

Un pas de plus pour l’Europe sociale. Le 14 septembre, le Parlement européen a voté en faveur de l’adoption de la directive sur les salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne. Un espoir pour près de 25 millions de travailleurs européens, qui pourraient voir leur salaire augmenter. Mais aussi, incontestablement, « une victoire pour le mouvement syndical européen », réagit Laurent Berger, le président de la Confédération européenne des syndicats (CES). Ce vote intervient après l’accord politique conclu sur ce texte entre le Parlement et le Conseil de l’UE, le 7 juin dernier. Pour être appliquée, cette directive doit maintenant être formellement adoptée par le Conseil européen, courant septembre. Les pays européens disposeront ensuite de deux ans pour la transposer dans leur droit national.

Aujourd’hui, le Parlement européen a voté en faveur de l’adoption de la directive sur des salaires minimaux adéquats dans l’UE. C’est une victoire pour le mouvement syndical européen @etuc_ces et une bonne nouvelle pour les travailleurs européens @VisentiniLuca @EstherLynchs— Laurent Berger (@CfdtBerger) September 14, 2022

Tweet de Laurent Berger, président de la Confédération européenne des syndicats

Dans le détail, la directive invite les États membres à promouvoir et soutenir la négociation collective, et à s’assurer de l’adéquation entre les salaires minimaux légaux et le coût de la vie. « Cette directive nous donnera les outils pour relancer la négociation collective et de meilleurs salaires en France et en Europe », rappelait le président de la CES. Une étape essentielle pour parvenir à « une convergence européenne vers le haut et mettre fin au dumping social ».

Le socle européen des droits sociaux, plus qu’un slogan

« L’Europe a franchi une étape importante vers l’élimination des salaires de misère », complète la CES. Alors que l’Union européenne est touchée par une crise de l’énergie sans précédent et fait face à une inflation galopante, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les travailleurs européens. « Nous exhortons maintenant les ministres à signer cette directive afin que les travailleurs puissent commencer à en ressentir les avantages dès que possible, insiste Esther Lynch, secrétaire générale adjointe de la CES. La directive concrétise le socle européen des droits sociaux et démontre que le socle est plus qu’un slogan politique. »

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 16/09/2022 à 07h16

À PROPOS DE L’AUTEURGuillaume Lefèvre

Journaliste